Manuel Martinez, victime des attentats de Zaventem, vient de subir sa 34ème opération

Ce mardi 12 janvier 2021, Manuel Martinez, victime des attentats qui se sont produits à Brussels Airport le 22 mars 2016, vient d’être opéré pour la 34ième fois. Cela fait près de 5 ans qu’il vit au rythme des opérations, des rendez-vous médicaux, et des expertises médicales. Manuel est à bout, il baisse les bras et se dit bien souvent qu’il aurait été préférable pour lui et les siens qu’il ne survive pas à ces attentats.

Manuel s’est réveillé ce matin, le corps à nouveau couvert de cicatrices, il ne les compte plus. Il a mal, il souffre terriblement. L’opération aura duré plusieurs heures et il ne s’agira probablement pas de la dernière. Il sent que son corps encaisse de plus en plus difficilement les anesthésies, la violence que subit à chaque fois son corps au rythme des bistouris, ainsi que les réveils douloureux.

Il sait que le retour à la maison sera à nouveau difficile, qu’il aura du mal à se déplacer, à se mouvoir, et qu’il lui faudra un certain temps avant de reprendre des forces. À ce sujet, Manuel a le sentiment de devoir constamment arracher ses droits en se battant avec les assurances. Au mois de septembre dernier, il est tombé dans sa douche, se blessant au visage (voir photo en pièce jointe) parce que celle-ci n’est pas adaptée à son handicap. Et pour cause, l’assurance Ethias refuse de prendre en charge les frais de l’adaptation de sa salle de bain, alors qu’il lui re-vient pourtant de le faire, et que la Vierge noire, elle-même, a rendu un avis favorable. Cette dernière a fait remarquer qu’il s’agit d’une nécessité pour Monsieur Martinez. Selon le médecin expert d’Ethias, « Manuel Martinez devrait un jour ou l’autre, retrouver une certaine mobilité, il n’est donc pas nécessaire d’adapter sa salle de bain ». Manuel nous dit qu’il n’y a aucune certitude qu’il retrouve un jour sa pleine condition, et qu’en attendant, cela fait près de 5 ans qu’il risque sa vie dans sa salle de bain.

Manuel ne comprend pas pourquoi on ne lui facilite pas les choses. Pourquoi l’Etat belge n’a pas simplifié les diverses procédures et démarches que doivent accomplir les victimes. Selon lui, « tout est fait pour nous décourager ». Depuis près de 5 ans, ses rendez-vous médicaux (suivis, réadaptation, suivis thérapeutiques, etc.) sont quasi quotidiens, avec parfois plusieurs rendez-vous par jour. A ces rendez-vous médicaux s’ajoutent les expertises des assurances. « Pourquoi l’Etat belge nous a-t-il abandonné entre les mains des assurances », nous a-t-il en-core récemment demandé?

À bout de force, désespéré, il a été hospitalisé dans un centre psychiatrique en décembre der-nier, et le sera à nouveau prochainement. Les marques sur son corps lui rappelleront toute sa vie, les affres du terrorisme aveugle qui s’est abattu sur notre pays le 22 mars 2016, mais aussi que le terrorisme peut également prendre une autre forme, celle d’un Etat qui les a abandonnés et oubliés depuis bien longtemps. En effet, « plutôt que de soigner et réparer, l’Etat belge a as-suré la continuité des actes posés par les terroristes il y a près de 5 ans, en acceptant que l’on nous maltraite ».

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